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L'apparition de Luc Sur Mer

Voilà quelques années, mon envie de vacances étant très fortes et mes finances très légères, je décide tout de même de m’offrir quelques jours de congés, non loin de chez moi, mais suffisamment pour être dépaysée.
Mon choix se porte donc sur la Basse-Normandie, plus précisément à Luc-sur-Mer, une petite station balnéaire du Calvados. A proximité des plages de débarquements, je me dis que c’est le lieu idéal pour une petite semaine de repos.
Entre les grasses matinées et les promenades à Ouistreham, la Maison des canadiens à Bernières-sur-Mer et le Mémorial Pegasus, je compte bien profiter du doux soleil de septembre pour me ressourcer après un été de dure labeur.

Je profite de mon séjour pour rendre visite à ma cousine Sophie. Elle habite à proximité du CHU de Caen. Nous nous donnons RDV chez elle mercredi soir, vers 19h.
Notre soirée est très agréable, nous reparlons de nos bêtises d’enfants, comme la fois où elle et moi, après avoir vu Peter Pan de Disney, nous avions voulu jouer aux indiens, qui sont surnommés les peaux rouges, et que nous nous étions badigeonnées entièrement, de la tête aux pieds, avec de l’éosine… ou encore des amis que nous avions en communs à l’école, car nous allions dans la même école au Havre lorsque nous étions petites, et nous avons le même âge.
Il est 23h30 quand je prends congés. 

A proximité d’un arrêt de bus, j’aperçois une silhouette qui semble être celle d’une femme sur le route de Douvres-la-Délivrance, juste après le CHU.. Mon regard se porte sur elle car son style vestimentaire m’interpelle. Pantalon patte d’éléphant et top imprimé psychédélique avec des chaussures à plateforme. 
Lorsque je m’approche, elle me fait signe. Je m’arrête à sa hauteur et entrouvre la fenêtre côté passager. Elle me dit rentrer à Luc-sur-Mer mais qu’à cette heure-ci, il n’y a plus ni bus, ni car et qu’elle n’a pas d’argent pour prendre un taxi.
Je lui propose de l’emmener vu qu’il s’agit de ma destination.
Elle prend place à bord de ma voiture et ne dit plus un mot pendant les 14 kilomètres qui nous conduisent à Luc-sur-Mer. Durant le trajet, j’essaie de lui parler mais rien n’y fait. Pas un mot. Je l’observe donc. Elle a quoi ? 30, 35 ans maximum. J’adore son style rétro années 70. 
Pas un mot ne sort de sa bouche, mais je vois que son attitude change sensiblement à hauteur du village de Mathieu. Et plus nous avançons, plus son comportement se modifie, jusqu’à devenir complètement affolée à l’entrée de Luc-sur-Mer. 
« Faites attention, le virage est traite ! » me prévient-elle. J’essaie de la calmer, mais rien n’y fait.
Je négocie délicatement le virage qui, en effet, est particulier et lui dis « vous voyez, tout s’est bien passé ». Mais le siège passager est vide…

Quelque peu perturbée, je me gare dès que possible pour comprendre. Mon esprit cartésien est mis à mal.
Je fais le tour de mon véhicule à la recherche de … je ne sais pas en fait… Tout et n’importe quoi me permettant de mettre un mot sur ce qui vient de se passer.
C’est à ce moment qu’apparaît une femme d’un âge avancé. Elle me sourit, comme si elle savait ce que je pensais.
Elle m’explique que cet endroit fut plusieurs fois le cadre d’accidents mortels. Dont celui d’une jeune femme d’une trentaine d’années en 1970…

Tag(s) : #Histoire courte, #Frisson, #Normandie, #Calvados
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